Procès du 13-Novembre : les accusés sont revenus sur leur enfance, leur famille et leur parcours

Procès du 13-Novembre : les accusés sont revenus sur leur enfance, leur famille et leur parcours

Nouveau chapitre. Après cinq semaines d’audition des rescapés et proches des victimes des attentats du 13 novembre 2015, la cour s’est penchée sur la personnalité et le parcours des accusés et entame leurs interrogatoires.

Accusé principal. Le premier interrogé a été Salah Abdeslam, principal accusé de ce procès et seul membre encore en vie des commandos qui ont frappé Paris et Saint-Denis. Il s’est montré calme et a répondu posément au flot de questions sur son parcours avant les attentats.

Onzième homme. À ses côtés, Mohamed Abrini a été entendu à sa suite. Surnommé le « onzième homme », il est soupçonné d’avoir activement participé à la préparation des attentats. Tous deux risquent la réclusion à perpétuité. Il s’est quant à lui montré agacé à plusieurs reprises, notamment lorsque son parcours criminel a été détaillé.

Complice. Yassine Atar, frère du cerveau des attentats Oussama Atar, a ensuite longuement été interrogé. Il a notamment affirmé ne pas connaître Salah Abdeslam.

Revivez le direct de cette journée d’audience.

Suivez le direct de l'événement

mardi 2 novembre 2021

19h33
Ce direct est maintenant terminé. Merci de l’avoir suivi. Vous pouvez retrouver tous nos articles consacrés au procès sur la page dédiée. À demain pour un nouveau direct.
19h32

Ce qu’il faut retenir de la journée d’audience :

19h28
L'audience est levée, elle reprendra demain à 12h30.
19h28
Après quelques brèves questions de l'avocat, le président déclare reporter l'interrogatoire de Farid Kharkhach à vendredi. "Car il est déjà tard".
19h25
Après plusieurs questions posées sur son agenda de l'année 2015 et sur les SMS échangés avec sa femme, l'avocat laisse la parole à son confrère Christian Saint-Palais, codéfendeur de Yassine Atar.
19h19
Me Raphaël Kempf cite des SMS envoyés à Yassine Atar où ses interlocuteurs l'appellent Yassine. "Ç​a confirme ce que je disais tout à l'heure, répond l'accusé. Tout le monde m'appelle Yassine."
19h14
Pas d'autres questions des avocats des parties civiles, la parole est donnée aux avocats de l'accusé.
19h14
Le même avocat des parties civiles lui demande s'il lui arrive de se montrer violent. "Avec ma femme on a eu des moments très rares de violence", répond-il. L'avocat évoque des SMS versés au dossier dans lesquels il écrit à un destinataire : "Je ne l'ai pas frappée beaucoup". Atar nie. "Je l'ai poussé deux fois sur le bras, et c'est tout, c'est la seule dispute qu'on a eue. J'étais pas un mari violent, faut pas essayer de me faire passer pour un mari violent, c'est faux."
19h10
À nouveau interrogé sur son frère Oussama et son fils qu'il a nommé Oussama comme lui, il se montre un peu agacé. "Moi je me dis ça reste qu'un prénom, si ça peut faire plaisir à ma mère. Pour le premier enfant, on laisse la mère choisir, voilà, moi je voulais pas l'appeler comme ça, ça me dérangeait."
19h08
L'avocat général évoque ses contacts téléphoniques, les frères El Bakraoui et son co-accusé Mohamed Bakkali apparaissent notamment dans la liste, ce que Yassine Atar nie. Mais il admet connaître Bakkali, avec qui il avait des contacts sporadiques. L'avocat général l'interroge sur un voyage en Italie effectué avec un autre co-accusé, Ali el Haddad Asufi. "Moi j'adorais faire du shopping, voilà on a fait du shopping". Il pointe ensuite du doigt les accusés qu'il jure ne pas connaître, dont Salah Abdeslam, comme il le répète. L'avocat général n'a plus de questions. La parole est aux avocats des parties civiles.
19h03
Le face-à-face entre l'avocat général et l'accusé continue, souvent au lieu de répondre précisément aux questions, Yassine Atar se perd dans des détails.
19h00
Interrogé sur ses revenus et ses voyages, Yassine Atar esquive à nouveau : "Vous savez que dans la restauration, on a des pourboires, et je vendais des voitures. J'avais assez pour vivre tranquillement et voyager", assure-t-il.
18h58
"Est-ce que vous parlez arabe", lui demande l'avocat général.
"Qu'est-ce que ça veut dire "parler arabe" ?" Il se lance à nouveau dans une diatribe, disant qu'il a appris par le dossier qu'il parlait très bien l'arabe classique, ce qui est faux selon lui mais qu'en revanche il parle un dialecte marocain.Il est à nouveau interrogé sur son éventuel surnom de "Yass" qui apparaît dans des messages retrouvés dans l'ordinateur des frères El Bakraoui."Personne ne m'appelle Yass, répète Yassine Atar. Moi je vous dis, j'ai pas de surnom, on m'appelait Yassine."
18h52
L'accusé est désormais interrogé sur sa scolarité et ses amis. "J'ai pas beaucoup d'amis à Molenbeek", jure-t-il. Depuis le début de son interrogatoire, Yassine Atar tente de prendre le plus de distance possible avec les faits. Questionné sur un établissement qu'il a fréquenté et Salah Abdeslam aussi, il répond : "Vous me l'apprenez, j'avais jamais entendu le nom Abdeslam avant" (d'être mis en cause, ndlr).
18h49
L'avocat général l'interroge sur ses cousins, les El Bakraoui, membres de la cellule belge et terroristes des attentats de Bruxelles. Il en parle comme des "cousins parmi d'autres".
L'avocat général lui demande s'il les fréquentait beaucoup. "On n'a pas fréquenté les mêmes écoles", dit Yassine Atar qui semble pas souhaiter s'étendre sur le cas de ses cousins.
18h44
Atar est désormais interrogé sur son frère. "Oui j'étais très proche de mon frère, mais après il est parti", élude-t-il. L'avocat général lui demande s'il a appelé son fils Oussama en mémoire de son frère. Il dit l'avoir fait pour sa mère qui était "dévastée" que son fils soit parti en Irak.
18h40
L'assesseure évoque brièvement sa détention actuelle et ses quatre demande de remise en liberté, toutes rejetées.
18h39
"C'est quand même pas rien, 5 ans, lui lance le président. C'était quoi ce rôle d'intermédiaire ?"
"On m'a dit : va parler à ces gens là, je l'ai fait, j'ai parlé de ci, de ça", répond l'accusé, esquivant les détails.
18h37
Appuyé contre la paroi vitré du box des accusés, Yassine Atar répond à de nouvelles questions sur l'affaire de stupéfiants pour laquelle il a été condamné. "Je conteste les faits, dit-il calmement. Je connaissais un protagoniste et on m'a mis moi-même protagoniste."
Il explique qu'il n'a pas fait appel parce que sa femme était enceinte et qu'il voulait assister à la naissance de son fils.
18h33
L'interrogatoire du président se termine, la parole est à la cour. Une assesseure interroge l'accusé sur ses surnoms, lui demande si on ne l'appelait pas "Yass", nom qui revient dans le dossier, mais Yassine Atar assure ne pas avoir eu de surnoms.
18h32
Interrogé sur ses conditions de détention, Yassine Atar dit être en "total désaccord" avec ses conditions de détention. Il dit ne pas être là pour se plaindre de ses conditions mais dit qu'il réclame une pommade depuis des mois sans succès. Il part dans une diatribe sur ses maux de dents. "C'est fou que j'ai pas le droit de voir le dentiste, en France en 2021 !", lance-t-il.
"Bon allez, on a pris bonne note de votre demande", répond le président, qui ajoute que des rendez-vous dentaires ont déjà été pris pour deux de ses coaccusés depuis le début du procès.
18h29
"je sais pas si vous le savez ou pas mais tous les éléments pour lesquels je suis poursuivi ici sont des éléments du dossier belge", intervient Atar.
"ça c'est sur le fond, on y reviendra en temps utile", l'interrompt le président.
18h26
Le président continue d'énumérer ses condamnations, dont une dans le cadre d'une affaire de stupéfiants qui lui a valu 5 ans d'emprisonnement en 2015.
"En fait je suis jamais rentré en prison", précise l'accusé, expliquant qu'il a été laissé libre sous contrôle judiciaire, du fait de la loi belge qui le permet pour des peines de moins de 36 mois. Yassine Atar raconte en détail, avec les dates, son parcours judiciaire et son aménagement de peine "après un jour de prison".
Il raconte ensuite sa pose de bracelet. "Quand j'ai été arrêté, j'avais le bracelet", poursuit l'homme qui se noie dans les détails.
18h21
Interrogé sur ses condamnations, il conteste avoir été cible de poursuites judiciaires. Mais le président lui évoque notamment des amendes pour excès de vitesse, une déchéance du droit de conduire en Belgique. Atar tente de le couper mais le président continue.
Il passe en revue ses notes, un peu perdu, en faisant remarquer : "Il faudra dire à vos collègues belges de tout remettre dans l'ordre."
18h18
Le président lui demande si le divorce est toujours "à l'ordre du jour" ou non.
"On verra", répond l'accusé qui pense néanmoins que son épouse "viendra" (témoigner, ndlr).
18h17
Il est interrogé sur son épouse et répond avec force de détails. Il dit qu'elle a été "dévastée" par son incarcération, parle de ses problèmes de santé et de leur séparation en août 2021. "Mais on a repris contact", ajoute-t-il.
18h14
Comme Abrini, il jouait au football à un bon niveau depuis l'enfance. Il raconte aussi avoir "beaucoup beaucoup voyagé, j'adore ça, dans le monde entier. La Guadeloupe, la Thaïlande, le Danemark... Pour le tourisme mais je restais dans les hôtels, je prenais des hôtels "all-in"."
Désarçonné, le président lui demande de répéter.
"Des hôtels all-in. Je restais dedans, je profitais des activités nautiques", répond Atar très naturellement.
18h12
Il évoque ce qu'il faisait au moment de son arrestation. "Je sais pas si je dois le dire maintenant..." amorce-t-il.
Le président confirme que cela touchant aux faits, on y reviendra plus tard.
Il évoque alors qu'il avait en projet l'ouverture d'un hammam avant son arrestation.
18h10
Une main appuyée sur le pupitre, Yassine Atar continue de répondre aux questions, un peu nerveux, il coupe parfois la parole du président.
18h08
Jean-Louis Périès relit ses notes : "Très belle enfance... Que pouvez-vous nous dire sur votre scolarité ?"
Yassine Atar se replonge dans ses souvenirs en regardant le sol, dans un sourire, il dit avoir arrêté les études "parce que je voulais gagner de l'argent".
​Jean-Louis Périès l'interroge donc sur ses emplois. Pâtissier la nuit, intérimaire, livreur de colis, employé dans la restauration, Atar énumère ses différentes professions.
18h05
Il dit que contrairement à Abrini, il ne voyait pas la guerre chez lui, qu'en revanche, le départ de son frère a "bouleversé" sa famille. "Quand il est parti (en Irak) j'avais 14, 15 ans, j'étais jeune, je faisais ma vie. Je pensais qu'il allait revenir, je pensais pas que j'allais plus avoir de frère pendant 20 ans. Moi j'ai fait ma vie en voyant que mes parents étaient dévastés. Moic'est pas ce que ça m'a fait plus ou moins, moi j'aurais aimé grandir avec un frère", lance-t-il en portant une main sur son coeur.
18h03
Comme pour ses coaccusés, le président l'interroge désormais sur sa famille, ses frères et soeurs. Il parle de ses neveux, l'un qui veut devenir ingénieure, l'autre qui fait des études d'histoire-géo. Quand il en vient à Oussama, son frère, considéré comme le commanditaire des attentats, il dit "que vous connaissez".
"De nom", lui répond le président.
18h00
Il évoque ses visites en prison, il dit suivre la scolarité de son fils, de prendre des nouvelles de lui, "parce que j'en ai besoin", dit-il d'une voix plus forte que ses coaccusés.
17h58
Il répond aux questions du président sur ses parents, son épouse. Il précise qu'il a un fils.
"Quand je suis entré c'était la veille de ses 8 mois et maintenant il a 6 ans", répond-il.
17h57

Qui est Yassine Atar ?

Ce Belgo-Marocain de 35 ans est le petit frère d’Oussama Atar, commanditaire des attaques du 13-Novembre, également jugé dans ce procès mais probablement mort en Syrie lors d’une frappe américaine en 2017.

Yassine Atar est aussi le cousin des frères El Bakraoui, les logisticiens des cellules des attentats de Paris et Bruxelles et il est soupçonné d’avoir aidé l’un d’entre eux à se rendre en Syrie. Il est également le destinataire de plusieurs messages équivoques retrouvés dans l’ordinateur des deux frères dans lesquels il est notamment exhorté à “combattre dans le sentier d’Allah”. Au début du procès, Yassine Atar a déclaré au sujet des attentats : "Je condamne ces faits avec la plus grande fermeté. Oussama Atar est Oussama Atar. Je ne suis pas Oussama Atar. Je suis convaincu que c'est à cause de mes liens familiaux que je suis ici."

17h56
L'homme aux tempes grisonnantes, vêtue d'une chemise bleue, se lève, décline son identité.
17h55
Le président demande à Yassine Atar de se lever. C'est au tour de son interrogatoire.
17h55
L'avocat l'interroge à nouveau sur ses voisins à Molenbeek, sur ceux partis en Syrie. Le plan s'affiche à nouveau, des points bleus situent les protagonistes du dossier qui y vivaient, on constate la proximité entre chacun d'entre eux.
17h52
Un autre de ses avocats, s'excusant d'avoir la voix éraillée, lui pose à son tour des questions. Il lui demande quand il a su que son frère était parti en Syrie puis quand il a appris sa mort.
"J'ai appris cette nouvelle par téléphone, dans un cachot en Belgique. Je me suis effondré par terre. C'est très douloureux", répond Abrini, le regard au sol.
17h47
Son avocate lui rappelle qu'il a été interrogé "plus de 20 fois" au cours de l'enquête. Elle dit que lors de ces interrogatoires, il répond aux questions et donne "des détails", elle lui demande pourquoi.
"On sort un peu de la personnalité", intervient le président.
"On n'a pas besoin de s'agacer", rétorque l'avocate. La jeune femme juge que cette question aide à comprendre la personnalité de l'accusé.
Mohamed Abrini répond : "Il fallait éclairer les choses, j'ai jamais tué personne, j'ai pas été commanditaire, j'ai répondu aux questions des enquêteurs parce qu'il fallait répondre, ça dit rien de moi."
"Spontanément ?" demande le président ? "Spontanément", confirme Abrini.
17h44
L'avocate l'interroge sur une journée "typique à Molenbeek"
"On va voir ses amis, moi je m'occupe un peu du commerce, on va au café..." hésite Abrini"Combien de temps vous passez au café ?"
"ça dépend, chaque jour est différent..."
"Bon il vous faut combien de temps pour aller de chez vous à chez Abaaoud ?"
Sur le plan, seules quelques rues séparent l'étiquette sur laquelle il y a le nom "Abrini" de celle qui porte le nom "Abaaoud"
Abrini hésite, il évoque quelques minutes, il semble désarçonné par les questions de l'avocate.
17h41
"Dont acte", répond le président qui prend le temps d'ajuster le plan à la largeur de l'écran derrière lui.
17h40
L'avocate de Mohamed Abrini prend la parole. Après un échange musclé avec le président pour apporter des précisions, elle demande à ce que le plan de Molenbeek soit projeté.
17h37
Il revient sur ce climat de "violence" dans lequel il dit avoir grandi. "Dans toutes les familles, on avait des paraboles, on regardait Al Jazeera, vous vous regardez BFM, nous on regardait ça, depuis plus de vingt tout ce que je vois c'est la guerre, le conflit Israélo-palestien", décrit-il. L'avocate de parties civiles qui s'exprime tente de le mettre face à ses incohérences entre l'éducation européenne dont il dit avoir bénéficié et le climat qu'il décrit à la maison, où l'on regardait les chaînes arabes "en boucle"."Dans toutes les familles issues de l'immigration c'est comme ça, on a les paraboles, depuis qu'on est enfant on voit des femmes et des enfants se faire massacrer", répète-t-il en agitant une main.
17h33
Interrogé sur son enfance, Mohamed Abrini dit : "J'aurais tellement voulu rendre mes parents fiers, quand ils paient un club de foot des années et qu'il n'y a pas de résultat..." Il laisse sa phrase en suspens.
"Mais ils vous ont toujours soutenu ?"
"Bien sûr", répond Mohamed Abrini calmement.
17h31
L'avocat général n'a plus de questions, la parole est aux avocats des parties civiles.
17h30
L'avocat général évoque ses relations "tendues" avec son frère.
"Les frères c'est comme ça, ils s'aiment, ils se chamaillent, répond Abrini. L'un a suivi la voie honnête et moi pas".Il esquisse également sa jeunesse en ces mots : "On vivait à mille à l'heure, on sortait, on s'amusait, parfois on ne rentrait pas le soir..."
17h26
L'avocat général revient sur ses antécédents judiciaires et notamment des affaires de vols commis avec des protagonistes du volet belge de l'enquête.
"Comment je pourrais dire ça, commence Abrini en cherchant ses mots et en agitant les bras. J'ai dix années, quinze années de criminalité derrière moi..."
17h22
On évoque désormais des éléments de sa personnalité, il est décrit par un proche comme "flamboyant", ce qu'il confirme. "J'ai vécu au-dessus de mes moyens", dit-il aussi.
17h21
L'avocat général évoque sa formation en soudure sous-marine "potentiellement recherchée", il lui demande pourquoi ne pas avoir poursuivi.
"Euh, je ne pourrais pas vous répondre comme ça, il y a un tas de facteurs", esquive Mohamed Abrini dans un soupir.
17h18
Il évoque désormais ses liens avec d'autres protagonistes du dossier. Précise qu'il connaît Abdelhamid Abaaoud, membre des commandos et considéré comme le "chef opérationnel" de ces attentats, depuis qu'il est tout petit.
17h17
"Vous ne manquiez de rien ?" lui demande l'avocat général à propos de son enfance.
"Non on habitait une petite maison familiale", répond-il en hésitant. "Moi mon père, il gagnait bien sa vie donc même si on était une famille nombreuse, on ne manquait de rien. On mangeait, on n'était pas une famille riche, mais pas une famille pauvre non plus."
17h15

Le président Jean-Louis Périès demande à Mohamed Abrini de se relever. L'accusé a enfilé un gilet par dessus sa chemise blanche et répond désormais aux questions désormais un masque sur le visage. La parole est à l’avocat général Nicolas Le Bris. Il l'interroge sur le parcours de ses parents, leur arrivée du Maroc vers la Belgique mais Mohamed Abrini dit ne pas connaître les dates. Il évoque le parcours professionnel de son père dans le bâtiment, précise que sa mère était mère au foyer. Il répond calmement aux questions sur ses frères et soeurs, notamment sur son frère qui travaillait à l'aéroport de Zaventem, l'un des lieux des attentats de Bruxelles, survenus en mars 2016.

17h10
La sonnerie retentit, l'audience va reprendre.
17h03

Procès du 13-Novembre : les accusés sont revenus sur leur enfance, leur famille et leur parcours

Mohamed Abrini, le onzième homme

Ce Belgo-Marocain de 36 ans est un ami d’enfance de Salah Abdeslam. Jugé pour “complicité de meurtres en relation avec une entreprise terroriste”, il encourt la perpétuité. La veille des attaques, il arrive en France aux côtés des dix terroristes, séjourne avec eux à Bobigny, avant de retourner à Bruxelles dans la nuit. Il a assuré avoir voulu être au côté de ses amis dans leurs “derniers instants”. Devait-il faire partie des commandos ? C’est une autre zone d’ombre de l’enquête.Il est aussi soupçonné d’avoir accompagné Salah Abdeslam lors de la location des voitures qui ont servi aux commandos et des chambres dans lesquelles les kamikazes du Bataclan ont séjourné.Le 22 mars 2016, Mohamed Abrini fait partie de la cellule terroriste qui frappe l’aéroport de Zaventem, à Bruxelles, mais abandonne sa bombe au dernier moment. Il sera jugé pour ces faits au procès des attentats de Bruxelles en 2022.

17h02
C'est l'occasion de revenir sur les deux accusés interrogés en premier et les faits qui leur sont reprochés :

Salah Abdeslam, le principal accusé

Salah Abdeslam, 32 ans, est le seul des dix membres du commando du 13-Novembre à être encore en vie. Il est aussi le seul des vingt accusés à être jugé pour “meurtres et tentatives de meurtres en relation avec une entreprise terroriste”. Le soir du 13 novembre 2015, il dépose les trois kamikazes du Stade de France avant d’abandonner sa Clio dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Il va ensuite passer une partie de la nuit en banlieue sud de Paris, où sera retrouvée sa ceinture explosive, défectueuse, sur un trottoir de Montrouge.Quel site devait-il frapper ? A-t-il essayé d’actionner sa ceinture ou a-t-il renoncé à se faire exploser comme il l’affirme ? Éclaircir ces zones d’ombre fait partie des enjeux du procès.

16h58
L'audience doit reprendre d'ici quelques minutes mais les rangs de la salle d'audience sont encore clairsemés.
16h39

Molenbeek veut tourner la page

Il a beaucoup été question de cette commune de Bruxelles durant les interrogatoires de Salah Abdeslam et Mohamed Abrini. Notre journaliste Cécile Réto s’est rendu à Molenbeek, marquée malgré elle par le sceau du terrorisme. Retrouvez son reportage ci-dessous.

REPORTAGE. « Ni religion ni politique »: comment Molenbeek tente d’arracher son étiquette djihadiste
16h29

Le président Jean-Louis Périès suspend l’audience jusqu'à 17 h.

16h29
L'assesseure l'interroge désormais sur ses voyages. Il évoque la Syrie, l'Egypte, le Maroc, tous "à des fins touristiques".
"Pas d'autres voyages ?" lui demande l'assesseure
"Bah c'est déjà pas mal", répond-il provoquant des rires.
16h26
Interrogé sur ses emplois, ses sources de revenus et ses investissements, il est tour à tout évasif ou embrouillé. Questionné ensuite sur ses additions, il répond : "Moi j'ai eu toutes les addictions". Abrini se montre ouvertement agacé. "On a grandi en Europe, dans un monde violent, on est des êtres humains, on n'est pas sorti du ventre de nos mères une kalachnikov à la main", lance-t-il dans un monologue décousu.
L'assesseure tente de le recadrer sur la question des addictions. Il évoque, à nouveau agacé, l'alcool, le cannabis.
16h20
"La plupart de l'argent que je dépensais venait d'activités criminelles", confirme, agité, Abrini, en répondant aux questions de l'assesseure.
Interrogé sur des projets de réinsertion, il se montre agacé. Il dit que depuis qu'il est "tout petit", ce qu'il voit à la télé c'est "la guerre, le sang". "Quels projets voulez-vous que j'entame quand je vois la photo de mon petit frère un trou dans la tête ?", assène-t-il évoquant la mort de son petit frère en Syrie, qu'il découvre à sa sortie de prison.
16h16
Il dit avoir appris la mort de son petit frère en Syrie alors qu'il sortait de prison. "Là j'ai plus envie de rien faire à part partir en Syrie."Alors que le président dit ne plus avoir de questions, Mohamed Abrini reprend la parole, il part dans un nouveau monologue embrouillé :
"Je voudrais revenir sur le coup de gueule qu'on avait eu il y a 15 jours, avec les gendarmes."
"Vous avez réduit le problème à : "Vous discutez avec Salah". Jamais de la vie on s'est moqué des accusés euh des victimes pardon. Mais c'est compliqué, j'ai jamais tué, j'étais pas un commanditaire..."
"Vous devez pas communiquer entre vous", lui fait remarquer le président avant de l'interroger sur ses liens avec Abdeslam et les autres accusés..À propos de Salah Abdeslam, il dit : "Sa mère et ma mère se connaissaient, on était même pas encore au monde." Il est ému en évoquant ses liens avec un autre accusé et parle désormais à toute vitesse.
Le président se tourne vers la cour pour les questions suivantes.
16h09
Le président l'interroge désormais sur une affaire et une incarcération précise, antérieure aux faits de terrorisme.Mohamed Abrini hésite, échange plusieurs regards avec son avocat tout en répondant.
"Votre casier en Belgique, il est assez fourni", fait remarquer le président.
16h06
Sur sa détention, le président évoque plusieurs "incidents" notamment d'objets "prohibés en cellule" introduits. Son avocat prend la parole pour évoquer "des petites choses".La président cite des rapports qui font état d'un prévenu "revendicateur, nerveux, renfermé"
"Revendicateur de quoi ?", demande Abrini brusquement. Face au "traitement inhumain" qu'il dit subir, il dit avoir été "revendicateur, oui".
Il précise que ses conditions ne sont pas comparable à la "douleur des parties civiles". "Y a pas débat, dit-il. Mais nos conditions de détention, la privation de sommeil, les coups... Je pourrais écrire un livre sur mes conditions de détention..."
15h59
Il est désormais interrogé sur sa fiancée, avec qui il n'a plus de contact depuis que sa photo "a été diffusée" dans les médias. Il précise quant à leur mariage que "tout était prêt, tout était payé avant le 13-Novembre".
15h57
Il est désormais interrogé sur son goût pour les casinos. "Contrairement à Salah, moi c'était une maladie, reconnaît-il. J'y suis allé des centaines de fois."
Le président l'interroge sur le financement de ces activités, issu des délits qu'il commettait.
"Vous jouez à quoi au casino ?"
"Un peu de tout, roulette russe", répond Mohamed Abrini."Roulette russe, c'est autre chose", fait remarquer le président."Euh roulette tout court, rectifie Abrini dans un rire. C'est parce que j'ai joué avec ma vie."
15h54
"Pourquoi ça n'a pas marché le sport ?" lui demande le président ?
Abrini affirme qu'il y a "beaucoup de racisme" dans le fait de "donner sa chance aux jeunes" dans le sport en Belgique, contrairement à "la France, l'Espagne, les Pays-Bas".
15h52
Le président poursuit l'examen de son parcours, sur la compétition entre les "bandes de délinquants"."Oui c'est ça, c'est exactement ça", répond simplement Abrini, les mains dans le dos.
Le président cite des éléments de ses dépositions, dans lesquels Abrini dit n'avoir jamais exercé de violence lors de ses vols. "Vous confirmez ?" lui demande-t-il ?
"Je confirme", répond-il.
15h49
Mohamed Abrini se lance dans un monologue difficile à suivre. "Y a pas de choix", dit-il pour justifier son casier judiciaire."Pas de perspective ?", l'interroge le président.
"Si vous mettez dans la balance ceux qui n'ont pas réussi face à ceux qui ont réussi, à Molenbeek, c'est du 80/20. Et je fais partie de ceux qui n'ont pas réussi", dit-il en haussant les épaules.
15h46
Le président l'interroge sur cet enchaînement de peines après l'école, lui demande s'il a eu des emplois.
"Oui bien sûr, j'ai eu des emplois. J'ai fait ce qu'on appelle technicien de surface, c'est-à-dire du nettoyage, j'ai été serveur dans un Quick, je sais pas si je peux le dire", précise-t-il provoquant à nouveau des rires.
15h42
Le président poursuit son examen de ses condamnations, nombreuses. Il semble avoir du mal à s'y retrouver dans ses fiches.
15h41
Il égrène désormais les diverses condamnations de Mohamed Abrini : 2003, 2004, 2007, 2008 alors qu'il n'est encore qu'un adolescent ou un jeune homme, vol, effraction, tentative de vol, amende pour conduite sans permis...Mohamed Abrini ne se souvient pas de tous les faits. Il écoute, répond parfois "c'est ça."
Interrogé sur son absence de permis, il dit : "J'ai jamais passé le permis, j'ai roulé toute ma vie sans permis. C'est pas question financière, c'est que je sais pas..." dit-il en triturant le micro."Attention avec le micro, vous allez l'arracher", le met en garde le président."J'ai conduit 20 ans sans permis j'ai jamais fait un accident", reprend Mohamed Abrini.
15h38
Les yeux sur ses fiches surlignées de jaune, il interroge Abrini sur ses condamnations. "Alors si on essaie de remettre de l'ordre dans tout ça..." commence-t-il.
15h37
Le président remarque qu'il n'a pas les éléments sur cette affaire. Il cherche dans ses dossiers qui sont "dans l'ordre inversé".
15h36
"Dès que j'ai arrêté l'école je suis rentré pour la première fois en prison à 17 ans et... 359 jours", dit-il à nouveau avec ironie.
15h35
Abrini raconte désormais son enfance et comment il a joué au foot à un bon niveau de ses "5-6 ans" à ses "20 ans". "Après vous savez, échec scolaire, échec scolaire... échec et mat", dit-il tentant à nouveau un bon mot.
15h34
Abrini évoque l'un de ses frères qui a fait de la prison. "Après les attentats c'était compliqué, il y a beaucoup de gens qui ont fait de la prison, mais c'est pas bien, c'est pas juste."
"D'accord on reviendra sur ce point", répond le président.
15h31
"On a jeté un filet sur Molenbeek, déclare-t-il sans s'emporter. Il y a des gens ici, je sais même pas ce qu'ils f.... là."
"On y reviendra", l'interrompt le président qui le relance sur ses frères et sœurs, que Mohamed Abrini présente un par un. "On est six enfants, je retiens pas toutes les dates de naissance."
15h29
Il est interrogé par le président sur les surnoms dont il est affublé. "Spiderman quand j'étais petit", dit-il sans un rire mais en en provoquant un dans la salle. "Je sais pas pourquoi, sûrement parce que je grimpais aux murs."Le président l'interroge sur son surnom de "Brinks". "Je sais pas monsieur sans doute à cause de mon parcours criminel."
15h24
Interrogé par le président sur des visites en prison, il répond : "Les visites pour l'instant, j'en veux pas trop, parce que je suis dans la merveilleuse prison de Fresnes, dans le quartier d'isolement et on va dire que c'est pas très joyeux."
15h23
Mohamed Abrini, chemise blanche, répond aux questions à son tour, en jouant avec ses mains. Il évoque ses adresses, ses parents en bafouillant quelque peu.
15h20
"Monsieur Abrini, si vous voulez bien vous lever", demande le président qui lui fait décliner son identité.
15h20
Après une légère confusion, finalement, la suspension aura lieu après l'interrogatoire de Mohamed Abrini.
15h18
Une suspension d'audience est demandée par une avocate de la défense.
15h18
Le président revient sur les propos de Salah Abdeslam au début du procès : "On est traité comme des chiens", rappelle-t-il."C'est la colère qui m'a fait dire ça", répond Salah Abdeslam.
15h18
“Il faut voir le ciel sans entrave, sentir l’air sur son visage” pour des conditions de détention dignes, affirme son avocate. “Avez-vous l’impression de ça ?”"Clairement non", répond-il.
Un bref débat s'engage entre le président et l'avocate de Salah Abdeslam.
"Vous connaissez les conditions de détention des autres détenus de Fleury-Mérogis ? Ils sont deux ou trois par cellule, rétorque le président. Malheureusement on a un taux d’occupation très impressionnant, si vous savez pas, je vous le dis.”

Il précise par ailleurs que les cours par correspondance “n’ont aucune raison” de lui être refusés.“On est d’accord”, répond son avocate.

15h10
"J'aurais aimé étudier, dit-il interrogé par son avocate sur ses activités. Mais on m'autorise pas."Il dit qu'il aurait aimé faire "du français", "des mathématiques". Son avocate précise qu'il fait des exercices tout seul dans son coin.
"J'ai rien à faire. Toute la journée, toute la nuit", regrette-il d'une voix faible. Il pense que ça l'aurait aidé à vivre sa détention. "On n'a pas de moyens de réinsertion, on n'a rien", dit-il en fixant son avocate.
15h07
Elle évoque ensuite ses conditions de détention sur lesquelles elle souhaite avoir des détails."Comment se passe l'isolement ?" Elle lui demande de décrire sa cellule.
"Elle fait 9 mètres carrés, je peux rien faire", lâche-t-il, égal, toujours de cette même voix basse et calme avec laquelle il répond aux questions depuis le début de son interrogatoire.Il évoque sa cour "murée" dans laquelle il effectue des promenades."Et vous ne voyez pas le ciel ?", demande son avocate. Il confirme.Le président intervient : "Moi je l'ai visité parce que ça fait partie de mes attributions et on voyait le ciel", souligne-t-il."Par un interstice" répond l'avocate, confirmée par Salah Abdeslam.
Il est désormais interrogé sur sa détention sous haute sécurité :"J'espère que cela se reproduira pas pour d'autres parce que c'est injuste. Je sais que ça a été décidé pour ma protection pour éviter le suicide. Mais vivre avec des caméras comme ça 24 h sur 24 moi je l'ai supporté grâce à mon seigneur mais peut-être que d'autres n'y arriveront pas. Vous êtes traités comme des animaux. J'ai supporté ça mais j'espère que ça ne va pas se reproduire."
15h02
Il est désormais interrogée par son avocate Olivia Ronen, qui précise qu'elle sait qu'il n'aime pas parler de lui.Elle l'interroge sur son affaire de cambriolage et lui demande si cela a eu un impact sur lui. "Ça m'a fait mal parce que je suis sorti boire un verre et je me suis retrouvé dans cette affaire, le juge ne m'a pas laissé de chance, ça m'a fait mal."
15h00
Sur les valeurs de l'occident, Salah Abdeslam dit qu'il s'agit de : "Vivre comme un libertin, sans se soucier de dieu, faire ce qu'on a envie.""Est-ce que vous arrivez à pratiquer votre foi en prison ?", lui demande un avocat."Non mais là, on est à la limite", le rappelle à l'ordre le président. "Je croyais avoir été clair."
14h57
Interrogé sur sa volonté à se prêter à une expertise psychiatrique, il échange un regard avec son avocate avant de répondre affirmativement.
14h57
Questionné sur ses loisirs en prison, il dit avoir arrêté les échecs, avoir lu le Coran ainsi que d'autres lectures."Toutes lectures ?", lui demande l'avocat en manipulant son masque et un dossier bleu."Toutes lectures mais j'ai pas vraiment le choix", répond-il.
14h55
Désormais interrogé sur ses projets de famille, il dit avoir eu envie d'avoir eu des enfants, projet qu'il a abandonné quand il a décidé "de faire autre chose", à savoir "les affaires qu'on me reproche ici" lâche-t-il après un silence, les yeux fixés sur le sol.
14h54
Une avocate de parties civiles interroge Abdeslam sur son éducation "à l'européenne" évoquée par son frère.Salah Abdeslam rectifie, évoquant plutôt une "culture musulmane".
14h51
Une autre avocate prend la parole, l'interroge sur ses liens avec sa petite soeur Myriam et sur son éventuelle agressivité, reprenant le témoignage évoqué plus tôt qui cite une chaise jetée par la fenêtre.
"On a besoin de vous entendre sur ça", dit l'avocate.C'est l'avocate de Salah Abdeslam qui prend à son tour la parole pour répondre à la place d'Abdeslam, assurant que son client a déjà répondu et que les faits concernant la chaise ont été contesté.Le président rappelle à l'ordre les deux avocates qui se répondent. "Si on peut éviter de reproduire toutes les questions, ce serait pas plus mal, écoutez bien toutes les questions pour éviter les redites."Il pianote sur son écran tactile pour donner la parole à une nouvelle avocate des parties civiles.
14h47
Il répond désormais aux questions sur le courrier qu'il reçoit en prison. "Des gens que vous connaissez pas, qui me disent "courage", ça fait plaisir". L'avocat l'interroge désormais sur des lettres de jeunes femmes. Salah Abdeslam dit que "ça a pu arriver" et qu'il n'a "pas de commentaires" à faire.
14h45
Interrogé sur un cambriolage, il tient à préciser "J'ai jamais fait de cambriolage". Son avocate rectifie : "C'est une tentative de cambriolage"."On est sorti boire un verre avec des amis, on avait bu...", raconte Salah Abdeslam, évoquant une soirée qui finit mal. "Je faisais pas les vols, les cambriolages, non ça c'est hors de question"
Désormais questionné sur sa consommation de "substances", il répond :
"Je n'étais pas consommateur de cannabis, de temps en temps je fumais un joint, j'étais pas dépendant, c'était juste comme ça entre amis."
14h42
Interrogé sur d'éventuels projets de "vols", il répond : "Non non non, je suis pas un délinquant moi."
Nicolas Le Bris cite une affaire avortée de vols de palettes évoquée par un de ses coaccusés.
"J'ai pas de souvenirs. Dans les interrogatoires en matière de terrorisme, les gens ils sont prêts à dire tout et n'importe quoi", répond-il en secouant la tête.
14h40
Il est désormais interrogé sur ses emplois et ses fiançailles.
"Je cherchais, c'est juste que j'ai pas trouvé. J'ai travaillé en tant que déménageur. En intérim. Mes parents m'ont éduqué comme ça, surtout ma mère, elle me laissait pas rien faire. Elle me motivait pour trouver quelque chose de stable. J'étais fiancé, j'allais me marier, j'étais obligé de trouver un emploi."Interrogé sur la date de ses fiançailles, il dit ne pas s'en souvenir. "J'ai demandé la main de la fille aux parents, après il fallait un petit de temps pour faire un grand mariage, c'est un peu coûteux." Il parle d'un projet de longue date avant son incarcération.
14h37
Il passe à son goût pour le casino.
"J'y allais de temps en temps, j'étais pas addict.""Mais c'est une activité qui vous tenait à cœur ?"Non non non", rectifie aussitôt Abdeslam. Nicolas Le Bris évoque un témoin qui l'a vu avoir jeté une chaise dans la vitre d'un établissement après avoir perdu. "Non c'est pas vrai", répond Salah Abdeslam. "C'est pas mon quotidien du tout, c'était très rare quand j'allais en discothèque, je suis pas un danseur, j'aime bien me divertir, j'aime bien goûter à tout mais je suis ni un joueur ni un "sorteur" de discothèque", dit-il.
14h34
Il est désormais interrogé par l'avocat général Nicolas Le Bris sur ses emplois, notamment de gérant aux Béguines. "Quelles étaient vos activités concrètes ?"
"Je l'aidais un petit peu mais c'était mon frère qui s'occupait de tout, j'ai juste donné un coup de main, c'est tout. C'est lui qui gérait son commerce", répond-il très calmement. Nicolas Le Bris situe les faits en 2014.
14h32
Selon l'avocat général, son frère Mohamed le décrit comme ayant "un fort caractère". Il confirme sans s'étendre.Il est désormais interrogé sur Abdelhamid Abaaoud, il dit le connaître depuis son plus jeune âge, "peut-être 11 ans". "C'était mon ami, je traînais tous les jours avec lui. Abrini je le connaissais déjà mais je ne le fréquentais pas tout le temps", répond-il en fixant l'avocat général.Un plan du quartier de Molenbeek où Abdeslam a grandi est projeté, situant plusieurs protagoniste du dossier qui vivaient tous à quelques rues d'écart.
14h28
Salah Abdeslam est désormais interrogé sur ses voyages au Maroc, à Nador où ses parents ont une maison et où il s'est rendu pour la dernière fois en 2014 pour le mariage de son frère. Il évoque ensuite ses différentes adresses de domiciliation en Belgique.Interrogé sur son confort matériel, il répond simplement : "Oui, j'étais bien".
14h23
Il est à nouveau interrogé sur ses voyages, notamment un "en Ukraine", demande l'assesseure.
Salah Abdeslam dit que ça ne lui dit rien. Elle insiste : "en janvier 2016"Il dit : "J'étais en prison non ?"
L'assesseure lui rappelle qu'il était en cavale.
"Si j'avais été en Ukraine, j'y serai resté", répond Salah Abdeslam, provoquant l'hilarité dans la salle.Son avocate précise qu'il s'agissait d'un homme ayant prétendu être Salah Abdeslam.
14h20
Il est désormais interrogé sur ses relations avec ses frères.
"On est très solidaires", commence-t-il. Mais il précise : "On vit chacun de son côté".Interrogé sur Brahim, il dit : "C'est le frère que je préférais", et il le répète : "C'est le frère que je préférais"."L'amour n'a pas de logique, peut-être qu'il s'est plus occupé de moi quand j'étais jeune", dit-il d'une petite voix en fixant le sol.
14h18
Elle l'interroge désormais sur une condamnation qui a eu lieu au Maroc.
Il raconte avoir été agressé. "On m'a accusé à tort, on a dit que j'avais agressé, la justice au Maroc ça n'a rien à voir avec ici. Je suis rentré en prison pendant une semaine...", dit-il.
14h16
"Vous avez dit que vous fréquentiez les casinos, à quels jeux vous jouez ?", lui demande l'assesseure.
"Les jeux de casino, j'ai pas de préférence", répond simplement Salah Abdeslam.
"Vous avez gagné beaucoup d'argent, perdu beaucoup d'argent ?"Gros silence, Salah Abdeslam bredouille."Vous ne vous souvenez pas ou vous ne voulez pas répondre ?", lui demande l'assesseure."Je me souviens plus, c'était pour me divertir".L'assesseure l'interroge désormais sur ses voyages. Il évoque la France, la Chine, un voyage "touristique" à Shanghaï, "avec un ami"."Comment vous financiez ?" lui demande l'assesseure tout en regardant des fiches.
Salah Abdeslam ne souhaite pas en dire plus sur ce voyage. Il indique également être allé en Egypte, "toujours à des fins touristiques". L'assesseure lui demande s'il a fréquenté des établissements religieux, il répond par la négative.Il évoque également la Turquie qu'il a visité avec un ami qu'il ne souhaite pas citer. "Il y a le Maroc aussi, plusieurs fois avec la famille."
14h11
Salah Abdeslam est désormais interrogé par une assesseure sur son activité de gérant du café des Béguines, que possédait son grand frère Brahim.
"J'ai fait ça pour aider mon frère et quand il a remonté la pente, j'ai cessé", explique-t-il.Interrogé sur ses activités lors de son arrestation, il répond qu'il était au chômage.
14h08
Interrogé sur le fait qu'il n'a jamais déposé de demande de remise en liberté, il répond : "Parce que je savais que vous n'alliez pas me lâcher", répond-il, provoquant des rires.
14h07

“Jai été imprimé par des valeurs occidentales” dit Salah Abdeslam interrogé sur ses sorties en boîte.

“Jusqu’à quand ?” demande le président.“Je peux pas vous dire.”“Courant 2014”, répond le président à sa place en précisant “on verra ça ultérieurement”.

Le président indique ne plus avoir de questions à ce stade.

14h06
Le président l'interroge sur les autres terroristes mais "sans entrer dans le fond du dossier" il lui demande de parler de ses liens avec eux.
"Mohamed Abrini c'était mon voisin depuis plus de 20 ans, je connais bien sa famille. Vous voulez que je vous parle de lui ? Au départ c'était mon voisin, je l'ai connu très jeune, 13 ans peut-être. C'était des gens respectés", dit-il calmement."Quant à Mohammed Amri, c'est une connaissance de toujours. Molenbeek c'est petit, tout le monde se connaît. On se voyait pour boire un verre, manger au restaurant. Des choses que tout le monde fait.""Ensuite il y a Hamza Attou, c'est une connaissance que j'ai connu un peu plus tard, dit-il en regardant le sol. C'est plus un ami de mon frère Brahim.""Ensuite ?" demande le président.
"Ensuite Ali Oulkadi, je le rencontrais de temps en temps au café de mon frère, on faisait une partie d'échecs, on buvait un verre, c'est l'ami de mon grand frère et je le respecte."
Il évoque un autre accusé comme d'une "connaissance". Il dit de Yassine Attar qu'il ne le connaît pas, Mohamed Bakkali "je ne le connais pas", El Hadded Asufi, "je le connais pas non plus".Ayari, "on a été arrêtés ensemble" dit-il dans un sourire. "Tous les autres je connais pas beaucoup. Kharkhach ? non je ne connais pas, d'ailleurs je sais pas ce qu'il fait ici."
13h58
Le président lui demande s'il avait des activités sportives et culturelles avant novembre 2015.
"J'ai fait un peu de sport de combat, un peu de foot, un peu tout, j'aimais faire du sport et découvrir des nouveaux sports", décrit Salah Abdeslam qui précise avoir pratiqué "en amateur".Le président l'interroge sur ses installations en prison et lui demande s'il a toujours des activités."À part la promenade et le sport, je n'ai aucune activité", répond-il.
13h56
Interrogé sur son côté renfermé, Salah Abdeslam répète : "Comme je vous l'ai dit, si on discute avec moi, je discute mais les surveillants n'ont pas forcément envie de parler avec moi", dit-il.
13h55
Le président lui demande s'il se souvient de la période où il pensait qu'on tentait de l'empoisonner. "Vous vous souvenez de cette période ?""Oui. Je ne souhaite pas en parler", répond Salah Abdeslam.Le président évoque également des épisodes paranoïaques et dépressifs mais l'accusé ne souhaite pas non plus en parler."Bon, j'insiste pas alors ?", rétorque le président.
13h54
Le président évoque un rapport des services sociaux qui fait état d'un comportement "inégal" en prison et "quelques incidents" comme un refus de se soumettre à une fouille intégrale en juin 2016 et des mots déplacés à l'égard des surveillants qu'il aurait qualifié de "déchets de la société" et une autre fois de "SS". "Vous souvenez-vous de ça ?""Non", répond simplement Salah Abdeslam.
13h52
Le président lui demande s'il a des contacts avec les services sociaux puis avec les surveillants.
"Pas forcément, ça se limite à bonjour. Ça ne veut pas dire que je suis renfermé, si on discute avec moi, je discute."
13h50
Le président évoque désormais son isolement, précise qu'une cour de promenade lui est réservé ainsi qu'une salle d'activités sportives.
Salah Abdeslam explique disposer "d'une télévision, d'un frigo", ainsi que d'une cabine de douche dans sa cellule.
13h49
Après un silence, le président revient à l'incarcération de Salah Abdeslam à la suite de son interpellation en mars 2016. "Vous avez des visites de votre famille ?"
"Oui, régulièrement, de ma mère, de ma tante", répond Salah Abdeslam calmement en déclinant l'identité de sa tante. Il lui faut un moment pour se souvenir de son nom de famille.Il dit les voir "tous les mois, une fois par mois". Il voit également ses frères "quand ils arrivent à se déplacer, c'est un peu plus occasionnel". Il évoque également des contacts téléphoniques "trois fois par semaine", limités à "une heure le matin", "une heure l'après-midi".
13h46
On passe à la vie personnelle de Salah Abdeslam. Ce dernier dit ne plus avoir de liens avec son ex-compagne et dit "ne pas souhaiter s'exprimer sur le sujet. C'est un petit peu personnel", répond-il au président qui insiste.Son avocate prend la parole pour l'arrêter.
13h45
Le président referme le volet condamnations après avoir évoqué un avis de recherche au Maroc pour des faits de terrorisme. "On reviendra là-dessus", précise-t-il.
13h43
"Vous avez eu pas mal de condamnations sur ce point", dit le président, parlant des infractions routières.
"J'aime la vitesse", répond Salah Abdeslam, provoquant des rires parmi les journalistes.
13h42
Le président égrène ses condamnations pour des faits de droit commun. Des infractions routières notamment et des "conduites sous substance".
Salah Abdeslam hoche la tête.
13h40
Le président évoque ses premiers ennuis avec la justice. Il est condamné en février 2011 à un an de prison avec sursis après une arrestation en flagrant délit pour "tentative de vol avec effraction".
"Vous étiez entre autre avec Abdelhamid Abaaoud", précise le président.
"Je ne souhaite pas m'étendre", répond Abdeslam.
13h38
Il décrit ensuite des périodes d'intérim suivies de chômage et vice-versa. "Je faisais du yo-yo", dit-il dans un sourire.
13h37
"Une fois que je suis sorti de prison, j'ai acheté une camionnette et je me suis mis à mon compte pour faire des déménagements, poursuit l'accusé, la voix posée. Ça n'a pas marché, je n'avais pas beaucoup de clients".
Nous sommes là en 2011, soit quatre ans avant les attentats.
13h36

Le président l'interroge sur la raison pour laquelle il a quitté la société de transports."J’ai été licencié parce que je suis rentré en prison", répond-il calmement.

"Ah on verra ça tout à l’heure", répond le président.

13h34
Il explique avoir ensuite travaillé comme intérimaire en tant qu'électricien, technicien. "Dans tous les domaines", précise-t-il, attentif aux interrogations du président. Il corrige quand le président dit qu'il a travaillé comme technicien de surface : "C'est mon frère ça".
"Vous avez fait une formation pour devenir taximan, ça vous a plu ?", demande le président."Oui ça m'a plu mais entre temps j'ai trouvé un emploi et j'ai abandonné ça".Interrogé sur l'emploi en question, il répond : "Je ne me souviens plus très bien".
13h32
Salah Abdelam répond à toutes les questions du président. Il explique avoir eu son bac et avoir arrêté ses études à 18 ans. Il a ensuite intégré la société de trams de son père, où il s'occupait de la réparation.
13h31
On passe à sa scolarité.
"Ça s'est bien passé, j'ai suivi l'enseignement technique, j'étais aimé par mes professeurs, j'étais un bon élève", raconte simplement le prévenu.
"Ce sont les éléments que l'on a", confirme le président.
13h29
"Comment s'est passée votre enfance ?", demande le président.
"Très simple, j'étais quelqu'un de calme, gentil, j'ai pas vraiment de souvenirs, il y avait une bonne ambiance, il y a toujours une bonne ambiance", répond Salah Abdeslam.
13h26
Il décline l'identité de ses parents et de ses frères et surs à la demande du président. "Je suis le quatrième d'une fratrie de cinq, j'ai trois grands frères, une petite sœur, qu'est-ce que vous voulez savoir ?" demande-t-il calmement.Il présente les professions de ses frères et soeur dans l'ordre, "après il y a Brahim, que vous connaissez", glisse-t-il dans son énumération.
13h25
Salah Abdeslam se lève, il apparaît les cheveux rasés et la barbe fournie, il explique avoir la nationalité française et être né en Belgique.
13h24
Le président appelle Salah Abdeslam

"Je commence par vous c’est l’ordre alphabétique qui veut ça"Il l'invite à décliner son identité

13h20
Une des avocates de Farid Kharkhach prend la parole à son tour. Elle signale avoir versé des pièces au dossier ce week-end et s’interroge sur l’opportunité de déplacer l’interrogatoire de son client.“Il n’y a pas de difficulté”, répond Jean-Louis Périès, signalant que l’accusé devra simplement changer de place pour son interrogatoire. Il évoque néanmoins la possibilité de faire un deuxième entretien de Farid Kharkhach plus tard dans la semaine pour examiner les nouvelles pièces.
13h16

L'un des avocats de la défense de l’un des accusés, Yassine Atar entame un débat animé avec le président Jean-Louis Périès sur la question de pièces versées au dossier tardivement et de divers points de procédure juridique.

“Je comprends pas pourquoi je dois prendre la parole pour faire état d’obstacles”, assène l’avocat aux lunettes rondes.

“Il n’y a pas d’obstacles”, balaie le président.

13h13
Une avocate vient également présenter une nouvelle constitution de partie civile, il s’agit d’une amie proche d’une victime du Bataclan, Nathalie. “Elles se sont rencontrées au lycée”, explique l’avocate qui poursuit quant aux liens qui les unissaient. L’avocate dit avoir fourni “20 attestations” prouvant le lien d’affection entre ces deux femmes. “Il lui est extrêmement indispensable de porter la voix de Nathalie”, poursuit-elle.
“Il ne s’agit pas de contester les liens d’amitié simplement nous observons un avis réservé du fait de l’absence de liens familiaux”, répond le représentant du ministère public.
13h07
Le président Jean-Louis Périès annonce une nouvelle prestation de serment d'interprète en langue espagnole avant d'entamer les interrogatoires des accusés.
13h05

La sonnerie retentit, l’audience reprend.

12h56
Seules quatre journées sont consacrées à l'examen des personnalités des accusés. « À première vue, cela nous paraît court », ont estimé les avocats de Salah Abdeslam, Mes Olivia Ronen et Martin Vettes. Retrouvez notre article sur le programme de cette nouvelle semaine d'audience :
Procès des attentats du 13-Novembre 2015. Après les victimes, la parole est aux accusés
12h49
De la délinquance au terrorismeDans cet article, notre journaliste Pierrick Baudais brosse le portrait de Salah Abdeslam, petit délinquant de Molenbeek qui s’est radicalisé en moins d’un an. ⤵️
13 novembre 2015. Salah Abdeslam : le parcours sinueux d’un délinquant devenu terroriste
12h46
Salah Abdeslam et Mohamed AbriniLes premiers qui doivent être entendus sont Salah Abdeslam, dernier membre en vie du commando qui a frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, et Mohamed Abrini, surnommé le “onzième homme”, soupçonné d’avoir activement participé à la préparation des attaques. Ils risquent tous les deux la prison à perpétuité.
12h41

Les onze accusés en détention prennent place dans le box. Certains discutent avec leurs avocats.

12h33
Du monde au palais de justiceDans la salle d’audience, comme dans la salle de presse, il y a affluence. L’interrogatoire de Salah Abdeslam est un moment très attendu de ce procès historique.
12h30
La salle d'audience se remplit peu à peu. Les trois accusés qui comparaissent libres ont pris place devant le box vitré qui va accueillir, d'un instant à l'autre, les accusés en détention.
12h29
Qui sont les vingt accusés et que leur reproche-t-on ?Vingt personnes sont poursuivies lors de ce procès mais seulement quatorze sont présentes. C’est la personnalité de ces dernières qui sera examinée cette semaine. À l’ouverture du procès, nous avions rédigé un article pour tout savoir des accusés ⤵️
Procès des attentats du 13 novembre 2015. Qui sont les vingt accusés et que leur reproche-t-on ?
12h28
L’audience doit reprendre d’ici quelques minutes.
12h27
Neuvième semaine d’audienceLa cour ouvre cette semaine une nouvelle séquence, consacrée au profil des accusés et à leurs interrogatoires. « On abordera aussi les contrôles judiciaires et les détentions provisoires » de chacun, a annoncé la semaine dernière Jean-Louis Périès, le président de la cour.
12h24
Des témoignages bouleversantsPlus de 350 parties civiles se sont succédées à la barre durant cinq semaines. Les récits des rescapés des attaques et des proches des victimes, entamés le 28 septembre, se sont achevés mercredi. Cinq semaines de témoignages bouleversants que notre journaliste Pierrick Baudais a compilé dans ce grand format. ⤵
TÉMOIGNAGES. Au procès des attentats du 13-Novembre, l’espoir malgré les vies fracassées
12h21
Ce qu’il faut retenir de la dernière semaine d’audience :
11h50
Je suis Mélissa Boufigi et je vais vous faire vivre en direct cette nouvelle journée d’audience.
11h50
Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré au procès des attentats du 13 novembre 2015. Nous sommes le mardi 2 novembre, 37e jour de ce procès.
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Procès du 13-Novembre : les accusés sont revenus sur leur enfance, leur famille et leur parcoursOuest-France.fr
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